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Edwige Feuillère... un nom qui fait rêver, un beau visage, noble et
spirituel, une voix grave et douce, ou plus âpre, une voix qui semble
poursuivre, au-delà des mots, une vérité de poète. Une amoureuse
blessée surgit : Marguerite Gautier. Ou bien la bouleversante Nastasia
de L'Idiot, au côté du prince Muichkine Gérard Philippe. Voici,
éblouissante, la Reine de L'Aigle à deux têtes devant qui s'incline un
tendre assassin : Jean Marais. Et puis encore, la Duchesse de Langeais,
Aurélia La Folle de Chaillot. Et l'incomparable Ysé de Partage de midi.
Cent héroïnes, une seule femme. Une grande comédienne, un "monstre
sacré", le mythe Edwige Feuillère. Mais derrière tant de talent, tant
de beauté, une inconnue.
Dans Les Feux de la mémoire, enfin elle se dévoile. Contrepoint à son
ultime spectacle, Edwige Feuillère en scène, au Théâtre de la
Madeleine, elle raconte ici son enfance, ses débuts, la Comédie
française, la réussite et la célébrité qu'elle considère avec une
méfiance pleine de modestie. Passionnée et passionnante, elle parle
aussi de ses auteurs, Cocteau, Claudel, Giraudoux et de ses
partenaires, de Pierre-Richard Wilm à Pierre Brasseur et à Jean-Louis
Barrault... Avec tendresse et sincérité, elle évoque ses amis, ses
amours...
Ainsi brillent, aussi envoûtants que les feux de la rampe, Les Feux de
la mémoire. Le beau visage, la voix grave nous offrent maintenant le
secret enchanté de leur lumière.
"La passion du
théâtre est aussi la passion de la vie; enfant,
j'étais éprise de liberté, fugueuse,
attirée par l'eau, le bruit du vent, les oiseaux...
A sept ans je lisais les
sonnets de Dante, la poésie de Victor Hugo, j'ai
découvert la belle langue française; mon père
étant italien et ma mère alsacienne protestante, j'ai
reçu en héritage ce mélange de culture qui a fait
de moi une spectatrice du monde.
Je pressentais mon destin, je
jouais avec bonheur les rôles principaux au collège de
Dijon pour les fêtes de fin d'année. La jubilation de se
préparer pour un rôle, de se maquiller... J'ai
décidé d'être comédienne et savais alors
que j'étais née pour cela".
Dans "Sans Lendemain" Max Ophuls 1939
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