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Formation
Née d'un père italien et d'une mère franc-comtoise, Edwige Feuillère passe son enfance en Italie. A sept ans, elle récite déjà les fables de Maurice Rollinat réputées pour leur difficulté ainsi que les sonnets de Dante en italien. En 1928, elle arrive à Paris pour tenter le concours d'entrée au Conservatoire. En 1931, elle est engagée à la Comédie-Française. Entre-temps, elle se produit sous le nom de Cora Lynn dans des scènes de boulevard et des sketches cinématographiques de la Paramount.
Mariage
Elle épouse l'acteur Pierre Feuillère alors qu'elle est au conservatoire en 1930, ils resteront unis pendant trois ans, le succès de la jeune femme lui faisant de l'ombre, il accepte néanmoins de lui laisser porter son nom au moment de leur séparation.
Carrière au cinéma (photo ci-dessus Sans Lendemain de Max Ophuls 1939)
Dotée d'un port de tête altier et capable des émotions les plus intenses, Edwige Feuillère est un monstre sacré du cinéma d'après-guerre. C'est pourtant dans des rôles de femme légère et court vêtue (Une petite femme dans le train, 1932, de Karl Anton ; Les Aventures du roi Pausole, 1933, d'Alexis Granowsky) qu'elle débute au cinéma. Si elle est une vamp dans Topaze (1932) de Louis Gasnier, c'est Lucrèce Borgia (1935) d'Abel Gance, où elle s'expose dans le plus simple appareil lors d'une séquence, qui la transforme en vedette commerciale. Remarquée par ailleurs pour ses talents de comédienne sur scène, Edwige Feuillère se partage vite entre comédie hollywoodienne (J'étais une aventurière, 1938, de Raymond Bernard) et le grand film romanesque (L'Emigrante, 1939, de Léo Joannon). Mais sous l'Occupation, elle devient la " Grande Dame du cinéma français " avec La Duchesse de Langeais (1941) de Jacques de Baroncelli, où, théâtrale à souhait, elle impose un personnage de stature. Dans un style sensiblement proche, Max Ophüls lui fait tourner De Mayerling à Sarajevo (1939), un film à costumes dont l'ambiance internationale constitue son meilleur souvenir de tournage. Un autre drame, L'Idiot (1945) de Georges Lampin, lui donne un éclat magistral grâce au talent de l'opérateur Christian Matras. Puis on la retrouve ivre et débridée dans L'Honorable Catherine (1942) de Marcel L'Herbier. L'Aigle à deux têtes (1947) de Jean Cocteau crée la légende d'Edwige Feuillère : selon Cocteau, elle incarne à jamais " la reine des neiges, du sang, de la volupté et de la mort ". A ses côtés, Jean Marais, dans le rôle de son amant jeune anarchiste, est le seul partenaire au cinéma qu'elle dit connaître réellement. Davantage férue de théâtre, vite oubliée des metteurs en scène, Edwige Feuillère se retire progressivement des écrans. En cas de malheur (1957) de Claude Autant-Lara l'oppose à un vieux souvenir de jeunesse : Brigitte Bardot, vedette sexy comme elle-même le fut à ses débuts. Mais le grand art d'Edwige Feuillère l'emporte ici sur les mérites de la beauté. De rares coups de coeur la font réapparaître sur la pellicule tantôt pour un rôle de méchante qui la passionne (La Chair de l'orchidée, 1974, de Patrice Chéreau), tantôt pour être la " dame en blanc ", inventée par Colette (Le Blé en herbe, 1953, de Claude Autant-Lara).
Autres activités
En 1933, déçue par les rôles que lui propose la Comédie-Française, Edwige Feuillère démissionne pour intégrer le théâtre des Variétés de Louis Verneuil. Elle triomphe dans La Prisonnière d'Edouard Bourdet. Elle joue Le Bonheur (1933), Sodome et Gomorrhe (1943), L'Aigle à deux têtes (1946), La Folle de Chaillot (1965), Doux oiseau de la jeunesse (1971), La Visite de la vieille dame (1976), La Dernière Nuit de l'été (1982), Léocadia (1984), La Maison du lac (1986) et Les Meilleurs amis (1989).
Edwige Feuillère en scène (1992) retrace les étapes de sa carrière depuis les années 1930.
A la télévision, elle interprète La Dame et le Minet (1966) de Claude Dufrène, L'Echange (1968) de Jean-Paul Carrère, Les Dames de la côte (1979) et Le Chef de famille (1981) de Nina Companeez, Le Tueur triste (1984) de Nicolas Gessner...
Prix
1984 - César d'honneur du cinéma français, pour l'ensemble de sa carrière, qui lui fut remis par Jean Marais.
1980 - Légion d'Honneur.
1946 - Sacrée meilleure actrice française.
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